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Parcours et genèse d'attitudes urbaine

Entretien avec François Meunier

Cofondateur et gérant d'attitudes urbaines
architecte-programmiste et urbaniste


Entretien réalisé par Romain Boutinon

Dans l’entretien suivant, François Meunier raconte les étapes de son expérience et la genèse d’attitudes urbaines. Il revient également sur son parcours de formation et sur ses fonctions au sein d’attitudes urbaines.

De quel monde venez-vous ?

Pour résumer, de l’architecture et du monde associatif. L’un m’a initié à l’espace, aux enjeux d’échelles du territoire, à l’architecture. L’autre m’a formé à la gestion de projet, au réalisme et à la persévérance au profit de mes clients et des idées !



Et à la programmation ?

C’est une rencontre tardive. Elle n’était pas directement enseignée en école d’architecture.
C’est une démarche militante motivée par une question à laquelle l’école d’architecture ne répondait pas : quel sens assigner aux projets que l’on nous demandait de concevoir ? Les assises de l’architecture de 1996 auxquelles j’ai contribué m’ont confirmé dans mon choix de faire de la programmation urbaine et architecturale.



C’est également une rencontre avec des professionnels ?

Des professionnels qui m’ont mis le pied à l’étrier, très vite en autonomie et sur des sujets formidables ! Je pense, par exemple, à Yves Dessuant auquel je dois beaucoup.



Comment décririez-vous la naissance d’attitudes urbaines ?

Nous avons fondé attitudes urbaines avec Jean Paul Gazeau, Caroline Gerber et Pascal Colné. En réalité, nous nous appelions Affluent, marqués à l’époque par l’activité de Jean Paul Gazeau autour de la programmation des aménagements en milieu fluvial. C’est toujours une de nos activités et une de nos marques de fabrique : les projets hautement complexes et sensibles pour lesquels nous avons développé une forte polyvalence d’approche et d’expertise.



Ensuite ?

Après avoir démarré sur des missions d’urbanisme réglementaire, nos diverses rencontres professionnelles et opportunités de marché nous ont menés sur des missions de programmation architecturale et urbaine. C’est durant cette période que je me suis penché de près sur les marchés de définition.



Vous avez beaucoup oeuvré sur le sujet des marchés de définition ?

Oui. j’en ai animé du côté du porteur de projet. J’ai participé à d’autres dans des équipes de concepteurs, notamment avec Bernard Tschumi ou Bernard Reichen. Puis, avec Jodelle Zetlaoui de l’Institut d’urbanisme de Paris, nous avons piloté pour le compte de la MIQCP le colloque "comment organiser votre marché de définition". Le marché de définition est un processus hautement complexe. C’est sans doute là que nos préoccupations autour de l’ingénierie de l’assistance aux porteurs de projet a mûri et a rejoint la programmation.


C’est également le moment d’une rencontre avec le monde de l’université.
C’est durant cette période que l’enseignement a commencé à constituer une part de mon activité, notamment à l’Institut d’Urbanisme de Paris, ou plus ponctuellement à l’École des Ponts.



Et la recherche ?

C’est également au même moment que nous avons mené quelques recherches importantes auprès du PUCA ou de l’Europe.



Après la période de jeunesse qu’est-il advenu ?

Nous avons développé une approche singulière sur les mobilités urbaines afin de répondre aux enjeux d’usage attachés notamment au fonctionnement urbain.
Nous avons également conforté et promu auprès des porteurs de projet la concertation et les démarches participatives avec les habitants et les usagers.
C’est, pour l’anecdote, notre première période de croissance récompensée par le prix Gazelle donné par le ministre de l’économie et des finances aux PME les plus dynamiques !



Aujourd’hui existe-t-il une période de maturité ?

Nous sommes toujours en captation des nouveaux enjeux contemporains auxquels nous devons répondre.



Est-ce l’enjeu de l’environnement par exemple ?

Tout ce que nous avons développé précédemment compte fort aujourd’hui, comme les mobilités, les expertises d’usage ou les démarches participatives.
Le lien entre toutes ces exigences nous le trouvons au travers de la programmation, mais également d’une posture qui reflète les exigences du développement durable.
Nous continuons dans ce sens à approfondir nos expertises sur les questions d’approche environnementale de l’urbanisme et de haute qualité environnementale.
Puis, nous sommes très tôt intervenu dans le cadre d’opérations publiques / privées ou pour des maîtrises d’ouvrage privées. Ces derniers sont de plus en plus impliqués dans la production des équipements publics ou des quartiers. Nous continuons à développer des services adaptés à leurs besoins.